N’ayez pas peur !

Après une semaine riche en émotions, où la mort et la barbarie ont rythmé les différents épisodes, nous avons vécu une conclusion extraordinaire. Parce que vous l’aviez peut-être oublié, ou tout simplement pas encore remarqué ; l’information est désormais feuilletonnée comme les meilleures séries. Nous venons de voir la première saison, que l’on pourra sobrement intituler : Je suis Charlie…

Comment ne pas s’inquiéter que les chaînes d’information continue soient devenues les baromètres de la pensée instantanée ? Dans tous les bureaux et postes de commandement, tout au long de cette série morbide, une télévision déversait son flot ininterrompu de reportages vides et creux, où la traque était l’unique fil conducteur. Ainsi on a pu voir le bureau présidentiel orné du fameux écran, révélateur d’opinions, mesure du niveau de stress, index de la terreur ambiante, et finalement ponctuation de toutes les décisions qui ont été prises. Le Climax de notre série a eu lieu hier, au cœur de Paris, avec une marche gigantesque d’amour, de paix et de réconciliation…

Capture du 2015-01-11 17:46:48

Nous sommes majoritairement contre la guerre et pour la paix ! Tout ça pour ça ? Il s’agit pourtant de la thématique de notre première saison et l’étonnement béat des commentaires devant l’ampleur du mouvement confine à la bêtise. Nous n’avons réglé aucune des problématiques profondes. Dans le même temps, nous avons entendu les professeurs dans nos écoles, qui nous alertaient sur le refus de certains de respecter les minutes de silence ; nous avons vu passer beaucoup de tweets haineux, saluant l’opération menée par les si misérables frères, et si cela ne nous inquiète pas encore, c’est parce que nous considérons que notre force réside dans notre adhésion à quelque chose de plus grand. Ce quelque chose existe-t-il ou n’est-il que fantasmé ?

Pécresse
Sarko

Je m’attendais à cela. La rhétorique sécuritaire est déjà en marche et va assombrir nos lendemains. Pendant que la gauche bien pensante vante les vertus de l’éducation et de la culture, la droite ferraille déjà sur le niveau de sécurité défaillant ; jusqu’où faudra-t-il aller pour endiguer la marée terroriste qui n’est plus à nos portes, mais dans nos murs ! Ne cédons pas sur ce qui fonde l’essentiel de nos sociétés.

« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. » Benjamin Franklin

Serons-nous suffisamment intelligents pour ne pas céder aux sirènes hurlantes de la terreur ? Commençons par écouter ceux qui réfléchissent à la liberté de la toile, car c’est là que tout le débat aura lieu :

Richard Stallman c’est le pape du libre, ni plus ni moins, lorsque l’on s’interesse à tout ce qui touche à l’internet et ce qui y circule. C’est un gardien de la liberté, un robin des bois (je vous dirai bientôt pourquoi j’évoque ce type qui vivait dans la forêt de Sherwood…):

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