Une pensée du jour…

Quand ils auront coupé le dernier arbre, pollué le dernier ruisseau, pêché le dernier poisson, alors ils s’apercevront que l’argent ne se mange pas.

Tatanka Yotanka – Sitting Bull, guerrier sioux.

Publicités

Formidable Amarante…

Quelle formidable nouvelle j’apprends ce matin. L’Amarante, plante exotique appréciée des civilisations pré-colombienne, a joué les perturbatrices dans les champs américains arrosés de Roundup ! Son étymologie grecque ancienne indique l’immortalité et prend, ici, tout son sens. Quel joli pied de nez aux grands semenciers, chimistes, qui ont l’ambition de régner sur le végétal d’aujourd’hui ! Cette chère est entrée en résistance, comme beaucoup d’entre nous, mais cette fois-ci a mis un pied dans la patrie de l’Oncle Sam, pour lui faire entendre sa loi.

En Géorgie, au sud des États-Unis, l’Amarante a envahi 50 000 hectares, obligeant les agriculteurs à l’arracher à la main. 5 000 hectares sont actuellement en jachère sur l’épicentre du phénomène. Je plains Monsanto […], impuissant désormais. Le phénomène s’étend au Brésil, à l’Argentine ou la Chine et surtout en Australie où l’on considère qu’elle deviendra un problème majeur d’ici peu. Mieux encore, d’après le Centre for Ecology and Hydrology (Winfrith – Royaume Uni), la résistance de l’Amarante serait due à l’hybridation de cette dernière, pourtant annoncée comme impossible, avec les pauvres OGM locales. Elle en aurait tiré une force accrue, et une vigueur décuplée, transmise à ses congénères. Le bras de fer a commencé et d’autres plantes suivent l’exemple, menaçant la toute puissante industrie d’uniformisation agricole. Bonne nouvelle, non ?

A quoi reconnaît-on un bon film ?

Vaste question, n’est-ce pas… C’est pour cela que je l’aborde […]

Je vais vous parler de cinéma et pas de séries, j’aborderai celles-ci une autre fois.

Comment choisir le film que l’on va regarder ce soir, ce week-end, ou avec des amis aux goûts si différents, aux vécus si disparates, aux habitudes cinématographiques si diverses. On va au cinéma pour se détendre la plupart du temps, et l’on oublie que les meilleurs films, ceux que l’on retient sont ceux qui ont apporté quelque chose à notre vie (si médiocre, bon ça va !).

Je vous parlerai, ici de cinéma « classique », j’éviterai d’aborder les différentes catégories ; nous irions trop loin vers des considérations qui vous lasseraient peut-être (fainéants!). Nous resterons au cinéma de papa, celui qu’on regarde tous ensemble. Je précise que j’adore les films d’Andreï Tarkovsky, d’Antonioni, de Nuri Bilge Ceylan et autres Bergman, mais j’aborderai une autre fois leur oeuvre…

Pour commencer, il y a le héros (ou plusieurs, ou l’héroïne…). Dans les premières minutes, nous saurons généralement si nous allons apprécier le film. Il doit être bien caractérisé, c’est-à-dire incarné avec une personnalité bien définie. Ça peut paraître évident, exprimé ainsi, pourtant ça ne l’est pas dans nombre de cas. On doit dans les premiers instants avoir une idée claire de ses forces, ses faiblesses, ses failles et ainsi pouvoir s’attacher à lui et le suivre pendant une heure et demie (voire plus), sans risque de s’ennuyer. Ensuite, l’incident déclencheur va nous embarquer dans l’histoire, une dizaine de minutes plus tard, environ. C’est le moment que vous avez tous identifié dans le film, où se passe l’événement qui provoque tout le reste : dans American Beauty, par exemple, Lester Burnham voit Angela, magnifique pom pom girl qui lui tape instantanément dans l’oeil. Elle devient son objectif dans le film, celle qui l’encourage à changer radicalement de vie, quel qu’en soit le prix (la mort !).

Voilà pourquoi dès les premières minutes, nous sentons que nous allons aimer American Beauty. Un type, américain moyen, à la vie bien réglée, monotone et triste, dont nous savons déjà qu’il va mourir, parce qu’il l’annonce dès le début, va peut-être arrêter de se palucher sous la douche et courir après une jeune écervelée, au corps parfait, en faisant voler en éclat sa sacro-sainte famille, qui lui sert de misérable refuge !

Vous m’opposerez, et vous aurez raison que ça ne suffit pas à faire un bon film, parce que jusqu’ici, nous avons qu’un divertissement pour bon père de famille en mal de sensations érotiques, naturelles, mais insuffisantes pour étancher notre soif de contenu ! C’est alors qu’intervient le deuxième élément fondamental : ça s’appelle l’objectif thématique, il sous-tend la narration, et sert de fil conducteur inconscient au héros. Lorsqu’il est mené à son terme, nous sentons comme une petite joie, une satisfaction toute naturelle, qui nous rend plus heureux, parce que nous sommes comme ça, nous aimons que les choses soient résolues… À la fin d’American Beauty, Lester Burnham meurt, mais il est « heureux », parce qu’il a trouvé un authentique sens à sa vie. Je vous rappelle que pendant tout le film, il ne rêvait que de coucher avec la belle Angela, pourtant il ne le fera pas, lorsque l’occasion se présentera. La priorité change et se retourne en bienveillance forcenée, la thématique prend le dessus sur l’objectif principal et fait de lui (magnifique Kevin Spacey) un ange pacifiste, détaché, parfois cynique face aux ridicules pulsions de la chair, nous offrant une fin totalement mystique, mais absolument logique. Sa mort est un aboutissement, presque une joie, son visage en témoigne. Magie du cinéma. C’est un bon film.

A bientôt.