L’Heure des Adolescences…

Il est venu ce temps superbe des contre-pieds magnifiques…

Peu importe les choix qui sont faits, peu importe les hommes qui sont désignés : le Peuple a décidé d’arrêter la soumission aux injonctions du Système. Prenez garde sondeurs, éditorialistes, commentateurs professionnels, spécialistes et autres politologues, sortez du douillet confort de vos certitudes heureuses, qui jusque-là vous ont fait rois dans les microcosmes médiatiques de vos auditoires. Plus rien n’est assuré d’arriver, le certain est aussitôt disqualifié, le probable s’éteint de lui-même, l’inconnu, le perdant, voire l’éternel second se retrouvent désignés. Comme si l’on avait choisi de contredire, de surprendre, ou finalement de dire non !

Hier, j’ai vu Manuel Valls annoncer sa candidature… Outre le fait qu’il fut médiocre et très peu imprégné d’une quelconque fibre socialisante, dont il décria autrefois l’irréconciabilité,  j’ai aussitôt pensé à cette nouvelle adolescence des peuples, qui se plaît à déjouer les plans les mieux préparés. Notre Premier Ministre est en parfaite adéquation avec ce qui fait actuellement faillite à tout coup ! Il est légitime pour succéder au Président défaillant et partant, mais annoncé, attendu par les médias depuis que l’autre a dit « Non » ; il s’est vu promu avant même de le dire, perdant toute spontanéité, surtout toute impulsion ou envie, banni de facto par la masse informe du nouveau monde qui veut tout sauf celui qu’on lui propose en héraut solennel! Si ce pauvre bougre ne trouve pas quelque subterfuge rapide pour leurrer l’opinion sur l’horrible normalité de sa nouvelle présence dans la course au Grand Fauteuil, il se verra rapidement éjecté, blackboulé, méprisé, voire même honni par les siens, avant d’avoir rien mis en place de son équipe de communicants… Hélas, pour lui, pour nos lendemains, pour nos pays, les contenus programmatiques sont peu regardés quoi qu’en disent nos experts analystes, il semble que seule soit déterminante l’incongruité de la présence, autant que l’imprévisibilité… Finies les idéologies, enterrées les utopies triomphantes, l’heure est au « Nananère » du Peuple d’où qu’il vienne, « je fais ce que je veux » dit le grand dadet : « oh ! » font les commentaires étonnés d’avoir été si peu écoutés dans leurs pronostics prescripteurs. Ainsi va le monde… qui sera le prochain Président de la République ? Impossible à dire. Sûrement pas celui que vous croyez. le jeu consiste à naviguer allègrement entre douce exposition médiatique, sondages inoffensifs et postures paradoxalement assurées, sinon vous n’imprimez rien. Le plus efficace reste la candeur naïve des populismes outranciers, dénonçant, méprisant, stigmatisant, mais toujours brocardés par la sainte intelligentsia journalistique qui alimente leurs éclosions ce faisant, uniquement motivée en cela par les scores d’audience qu’ils provoquent. Ainsi va le monde vous dis-je, soyez prévenu: demain sera surprenant… Très bien, mais soyons lucides !

L’Assemblée Générale de TERA (19-20 mars 2016)

Alors voilà ! J’en reviens… J’ai d’abord fait escale chez un ami avec lequel j’aime « débriefer » mon parcours hebdomadaire. Il va mal le monde et il attend que je le refasse tout le temps, sinon il va s’écrouler bien sûr 🙂
TERA !
En revenant avec un nouvel ami de Menton, sur mes terres agenaises, on s’est mis d’accord : « c’est trop beau pour être vrai et pourtant… C’est là et c’est vrai ! » Comme David Vincent le disait dans la série, désormais je sais qu’ils existent, qu’ils sont là !
Alors c’est quoi ?
J’ai traversé le monde pendant plusieurs années, y ai vu le médiocre, croisé la suffisance, côtoyé l’égoïsme, taquiné le mensonge et grondé dans le vide. J’ai dû me résoudre à faire la concession suprême, abandonner mes innocences et mes rêves d’enfant, accepter pour m’y fondre un moule trop étroit fait d’ambitions stupides. Pour arriver à quoi ? Un malaise profond qui m’a rattrapé avant même que j’ai conscience d’en avoir été l’unique responsable ! J’ai cru qu’il fallait s’intégrer dans l’absurde et se contenter de ce qui existe, s’arrêter devant l’impossible en l’appelant utopie. J’ai accepté de courber l’échine et oublier mes valeurs, ignorer la puissance qui sommeille en chacun de nous en la mettant de côté… En attendant l’hypothétique réveil… Un retour messianique peut-être ? Enfin, peu d’espoir quand même…
Et puis j’ai changé mon fusil d’épaule ! J’ai jeté le fusil. J’ai gardé mon épaule. J’ai oublié tout ça, j’ai regardé le ciel, j’ai regardé la Terre, j’ai respiré un bon coup, je ne me suis plus retourné, comme avant, pour faire des bilans désastreux, j’ai vu un chemin et en ai fait ma route, bien décidé à affronter l’aventure que la peur déconseille et que les gardiens du temple interdisent.
J’ai croisé le Projet Tera! Il n’y a pas de hasard, c’est facile à trouver quand ses yeux sont ouverts. Les valeurs sont incontournables, l’humain y est au centre, la nature tout autour. Comment résister à l’appel, et surtout pourquoi résister à l’énergie positive qui nous est proposée ? C’est d’un monde nouveau qu’il s’agit, un changement de paradigme, c’est pour cela qu’on hésite, parce qu’on est naturellement réticent à ce qui paraît un peu trop merveilleux. Nous sommes tant habitués à la déception…
Je me suis laissé porter par la description d’un projet dont je connaissais les grandes lignes pour l’avoir lu et écouté auparavant sur le site et à travers les forums. La structure est là, clairement définie : il s’agit d’expérimenter un Ecovillage citoyen, qui va privilégier le local et le naturel, en abaissant l’empreinte écologique, tout en développant une économie permettant l’instauration d’un revenu d’autonomie inconditionnel… Le reste est à inventer sur place, l’objectif étant, à terme, d’essaimer ailleurs, de faire exemple en renvoyant dans leur pré-carré les apôtres d’un libéralisme outrancier dont les dérives sont chaque jour plus flagrantes ; parlons même d’échec si l’on considère à quel point la planète tourne aujourd’hui autour de finances confisquées. Ceux-là ont érigé la croissance en tables de la loi, avec en veau d’or la télévision qui assène ses jeux en divertissement de masse, hypnotiseur des consciences.
Chez Tera, pas de Lois sur une Table, mais une Charte à écrire… Pour donner le sens et inscrire ses adhérents dans la communauté d’idée, pour synthétiser les objectifs en les clarifiant, annonçant sa bienveillance autour des humains qui la compose, affichant fièrement à l’extérieur son ouverture aux autres.
Le principe de gouvernance partagée est à la fois précieux et lourd parce qu’il préserve de l’apparition d’un gourou tout en permettant à chacun de lancer des débats sans fin sur des principes et des mots sur lesquels nous sommes paradoxalement tous d’accord. Pendant dix bonnes minutes on a disserté autour de la question du « qu’est-ce qu’une alimentation saine » ! Un vrai calvaire ! Des dizaines d’autres avaient déjà participé à l’écriture, les nouveaux, présents à L’Assemblée Générale, cherchaient à leur tour à s’approprier les mots pour s’intégrer au projet ; c’était donc une démarche légitime qu’il fallait accepter. J’ai pris le parti d’écouter et d’intervenir le moins possible, étant la plupart du temps d’accord sur l’essentiel et c’était le plus important. Et lorsque l’un ou l’autre commençait à irriter ma patience en rompant les évidents consensus, je me suis récité comme un mantra la phrase de Lao Tseu : aucun de nous ne sait ce que nous savons tous, ensemble… Nous avons finalisé la Charte en ébauche de littérature bancale, mais l’essence y est et ça suffit comme ça… Pour l’instant ! Le chef-d’œuvre s’écrira dans le temps et la perfection n’existe pas.
L’expérience a finalement été passionnante, j’y ai rencontré de belles personnes, sincères et bienveillantes et me sens enrichi et surtout conforté dans mes attentes.
Merci à tous.

Je suis Grec !

Incroyable argument utilisé par la directrice générale du FMI, Christine Lagarde : «l’urgence est de rétablir le dialogue avec des adultes dans la pièce». Est-il nécessaire de rappeler à cette dame qu’elle est actuellement mise en examen pour une « négligence » qui a coûté au contribuable français 400M€, qu’elle gagne 600 000$ par an net d’impôts, ce qui rend son exigence de diminuer encore les retraites grecques assez navrant. Pourquoi demande-t-on toujours aux pauvres de faire des efforts, pendant que les riches…

Cette rhétorique libérale qui autorise ce qu’il faut bien nommer une « nouvelle oligarchie », à de telles ignominies, a débuté après la crise financière de 2008. Depuis, cela vous échappe peut-être [j’espère que non !], vous êtes responsable de l’endettement généralisé des états ! Vous, je m’inclus dedans, êtes des enfants irresponsables qui avez vécu bien au-dessus de vos (petits) moyens et devez désormais accepter la réalité implacable : sinon vous serez mis en faillite ! Qu’avez vous donc fait de votre argent ? Vous l’avez gaspillé, alors que vous auriez du… Faire quoi au juste ? Avez-vous décidé de la hauteur faramineuse de vos salaires ? De vos allocations chômage, lorsque vous n’aviez plus d’emploi ? De vos retraites… Avez-vous payé vos impôts ? N’avez-vous pas été rattrapé par l’administration fiscale au moindre écart ? N’avez-vous pas consommé avec cet argent, faisant fonctionner la sacro-sainte économie ? Arrêtez de culpabiliser ! Vous ne tenez pas les rênes de l’économie, nom d’un chien ! Dois-je vous rappeler que vous avez, par exemple, majoritairement répondu « non » au dernier traité européen, avant que l’on vous l’impose sous un nom différent quelques années plus tard. Vous voilà désormais totalement impuissants face à des gouvernants qui vous infantilisent à coups de « acceptez les réformes indispensables », sinon c’est la fin ! Les économistes, les journalistes de droite et maintenant de la nouvelle gauche sociale-libérale font consensus, laissant aux deux extrêmes l’opportunité de rétablir un début de vérité, la plupart du temps mal formulée et donc inaudible du citoyen, qui craint à raison les positions extrêmes. Certains économistes comme Gaël Giraud nous éclaire sur les alternatives possibles et souhaitables qui s’offrent à nous (ici: « l’imposture économique »).

N’oublions pas l’exemple réussi de certains, étonnament passé sous silence: qui est Rafael Correa ?.

Que font les plus riches pendant ce temps ? Ils ont opté pour « l’optimisation fiscale », terme pompeux qui masque l’évasion dans les divers paradis qui leur tendent les bras ! Jean-Claude Juncker, actuel président de la Commission européenne, en est l’emblème le plus déroutant, en tant qu’ancien premier ministre d’un grand-duché luxembourgeois qui accueillit les plus grandes multinationales exonérées, jusqu’aux armateurs grecs ! Soyez adultes, qu’on vous dit !
Que va devenir la Grèce qui s’entête, qui résiste, qui fait l’enfant ? Elle n’a pas les moyens de payer ! C’est simple et pourtant sujet à débat tronqué. On pourra toujours lui reprocher sa fiscalité défaillante, les plus riches s’évadant encore, comment ne pas se souvenir qu’elle fut intégrée grâce à l’incroyable légèreté de banques, qui maquillèrent ses comptes et qui se sont incroyablement enrichies sur son dos depuis. Comment ne pas comprendre qu’elle soit tentée de se tourner vers la Russie de Poutine, toujours prête à aider la dissidence atlantiste, en volant au secours de tous ceux qui renient l’hégémonie européenne et son cortège d’incohérences ? Pourquoi les blâmer ?

Je suis Grec !

Pour ceux qui auraient oublié pourquoi nos dettes ont grandi si vite, voici un petit rappel bien utile, qu’il faudrait partager avec certains donneurs de leçons financières:

Pendant l’hiver…

Le cinéma de Nuri Bilge Ceylan est dense, violent, sans concessions avec les humains qu’il nous présente. Et pourtant il ennuie souvent, parfois même les plus initiés, qui lui reprochent ses logorrhées sans fin, ses poses esthétisantes et ses prétentions moralistes…
Il s’inspire de la longue lignée des auteurs antidramatiques qui ont jalonné l’histoire du cinéma, de Ozu à Antonioni, en passant par Bergman, Tarkovsky et parfois Wenders. Leurs œuvres s’opposent aux principes traditionnels de construction, faits d’expositions de protagonistes, transportés dans une histoire dont ils devront dénouer les fils ; la structure linéaire permet tout au long des trois actes de distiller les pics dramatiques jusqu’au Climax final, afin que le spectateur ait eu sa belle dose d’émotions partagées avec les héros auxquels il aura pu s’identifier…
Nuri Bilge Ceylan, comme ses aînés dédaignent allègrement cette façon de divertir (l’euphémisme, ici, évite la trivialité), il s’intéresse à nos êtres dans leur complexité universelle, l’essence de nos âmes, notre psyché si profondément méandreuse, et pour en extraire les sucs, attend que les passions se mettent en sommeil, que les blessures aient cicatrisé en surface. L’opposition avec le cinéma « traditionnel » devient alors flagrante ; nul besoin de poursuites, d’antagonistes pervers, de situations inextricables, chacun détient en lui la possibilité dialectique nécessaire aux confrontations. Il n’y a plus de sommets dramatiques violents, seule doit s’établir la vérité profonde, assénée par sentences alternées lors des nombreuses scènes d’oppositions dialoguées, sinon elle éclate au visage dans la campagne blanchie par la neige, où seuls restent visibles les stigmates anciens.
Hotel
Le cinéma y reste à sa place, en apportant sa dimension visuelle, supplément esthétique au récit, chez Ceylan la maîtrise est immédiatement perceptible. Les paysages, comme les visages respirent l’intelligence narrative. Le gros plan, distillé en parcimonies retenues, révèle les âmes et leurs brisures, affichant d’évidentes filiations avec les œuvres russes.
Winter Sleep
Aydin est un comédien à la carrière ratée, devenue hôtelier troglodyte en Cappadoce, région touristique au centre de l’Anatolie, en Turquie ; il reste un intellectuel, et, bien que retiré, apporte ses contributions à la presse locale sous forme d’article, il projette l’écriture d’un ouvrage consacré au théâtre turc.
Winter 2
Nihal, sa jeune épouse est aussi distante que belle, Necla, sa sœur, sort d’un divorce, elle est venue s’échouer chez eux. Ce trio dépend financièrement de la confortable situation du maître des lieux et saura le lui reprocher ; l’argent est au cœur du conflit bourgeois qui bousculera les certitudes, entamera la morale et finira par faire chanceler les convictions d’un Aydin plus mélancolique qu’il y paraissait.

En trois heures seize, Winter Sleep de Nuri Bilge Ceylan déconstruit notre homme et le laisse en lambeaux… Mais changé et prêt pour une vie plus authentique. Ce cinéma est puissant.

La recette des frites…

McDonald’s a décidé de donner la composition de ses frites dans une très médiatique campagne d’information américaine. Menée par Grant Imahara, ancien collaborateur des « Mythbusters », l’émission scientifique américaine (chez nous l’équivalent serait On est pas que des cobayes, émission de vulgarisation scientifique), nous avons découvert les 19 ingrédients nécessaires à la confection des « french fries ». Magnifique démonstration de transparence, désastreuse conséquence pour l’image.
Bad buzz à l’arrivée…
Frites

Le dimethylpolysiloxane, utilisé pour éviter la mousse des huiles de friture est une substance également utilisée dans les shampoings. Le pyrophosphate de sodium entraîne des irritations du tube digestif à haute dose. Du butylhydroquinone tertiaire, dérivé du pétrole, nocif à hautes doses, lui aussi ! Puis du sucre (dextrose), de l’arôme de bœuf (tant pis pour les végétariens !). Enfin les patates sont déclarées non O.G.M. (ouf !).
Tous les additifs ajoutés sont inoffensifs ! À doses raisonnables bien sûr, car ils finissent par perturber le système endocrinien…

Ma question est : pourquoi communiquer sur une vérité si désastreuse ? Probablement parce que la cible, les jeunes, se moquent de savoir ce qu’ils mangent, incapables de se projeter dans le temps. Ce qui n’est pas le cas des plus agés, qui sont avertis depuis longtemps de la nocivité des produits de la marque prestigieuse… La transparence est devenue cynisme.

McDo’s France revient sur cette révélation en annonçant que sa recette locale est notablement modifiée, ils se sont probablement renseignés sur l’authentique façon de confectionner des frites ! Je vous livre ma recette personnelle :

Pommes de terre
huile
sel

Chez moi ça fait 3 ! Voila… J’espère n’avoir rien oublié !